COMMUNIQUÉ DE PRESSE

N°0469/UV/PN/CPR/RDC/01/2018

 

Le mercredi 24 janvier dernier, l’heure étant grave, et la situation politique du pays confuse, nous avons demandé expressément au Président de la République de s’exprimer impérativement. Et il vient de le faire.

Tout en reconnaissant au Chef de l’Etat la promptitude d’avoir répondu à notre demande expresse, nous venons de constater que ce dernier se moque éperdument du peuple congolais.

Le Chef de l’Etat impose aux Congolais de danser une musique rythmique inaudible qui se joue exclusivement dans sa tête. C’est ce à quoi ressemble, en illustration, l’essentiel du message adressé aux Congolais par le Chef de l’Etat lors de sa conférence de presse d’hier vendredi 26 janvier 2018. Et du coup, tout Congolais se pose la question de savoir s’il y a un seul naïf parmi nous qui s’hasarderait à se prêter à ce jeu. Imaginez la scène ! Esquisser des pas de danse avec frasques sans musique …

En effet, autoriser la production, la vente libre et la consommation par les enfants mineurs, entre autres, des boissons au taux élevé d’alcool appelé communément Zododo, aguéne, et dire que tout ce que les congolais savent faire, c’est boire dans des bistrots pendant que, seul, le Chef de l’Etat va travailler pour la constitution ; boire dans des bistrots toute la nuit, puis au matin aller chercher qui embêter dans les organes de presse est à la fois une insulte, et une façon tout au moins déplacée et unique de voir les choses.

Vanter son action en matière de sécurité au point d’affirmer que grâce à lui notre pays est sécurisé à hauteur de 95%, frise l’inconscience lorsque nous savons tous qu’à son arrivée au pouvoir, l’AFDL qu’il dirige sous le label MP avait hérité d’un pays sécurisé à 100% et qu’au bout de deux ans, de par sa mauvaise gouvernance, il avait fini par perdre plus de la moitié du territoire qu’il peine à récupérer la totalité.

Le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a parlé, mais il n’a rien dit. Pas un mot sur le nombre des Congolais massacrés par deux fois en l’espace de 20 jours ; pas un mot sur les donneurs d’ordres ; pas un mot sur l’usage disproportionné des armes de guerre face aux manifestants pacifistes ; pas un mot sur le vol dans différentes morgues de Kinshasa des dépouilles des victimes des manifestations ; pas un mot sur les profanations de lieux de cultes ; pas un mot pour compatir aux victimes des intempéries ; pas un mot sur le courage qu’il a eu pour détruire en si peu du temps le social des Congolais qui était déjà précaire lors de son accession au pouvoir ; pas un mot sur les 15 milliards de dollars US qui lui sont volés chaque année par ses Camarades alors qu’il peine à trouver un milliard deux cents millions de dollars US pour financer l’organisation des élections ; pas un mot sur les agressions répétées des étudiants de l’UNIKIN ; pas un mot sur les vrais responsables des assassinats de nos frères et sœurs dans la partie Est de notre pays ; pas un mot sur la prolifération des armes à Kinshasa ; pas un mot sur l’insalubrité dans la ville-province de Kinshasa ; pas un mot sur les produits avariés qui inondent nos marchés dans tous les secteurs ; pas un mot sur la prolifération des activités funéraires et du cimetière au mètre carré le plus cher au monde…

Le mot ″Excellence″ qui est associé à la fonction d’un Chef de l’Etat ou d’un ministre de la République, requiert un degré éminent de perfection qu’une personne a en son genre. Ce caractère implique que la personne désignée soit celle qui a le courage d’assumer ses responsabilités. C’est ce qui devrait caractériser Son Excellence, Monsieur le Chef de l’Etat ainsi que chaque Ministre de la République, mais hélas !

Dans notre pays, d’un point de vue constitutionnel, ″Son Excellence″ le Chef de l’Etat est également le Commandant suprême des armées. À ce titre, sachant que l’article 18 de la loi portant statut du militaire des FARDC prévoit que la responsabilité propre du subordonné ne dégage pas de la leur, ses supérieurs, pourquoi le Président de la République avait-il déclaré que le policier qui avait donné la mort en tirant à bout portant sur une manifestante serait en train de répondre de ses actes ? Qui avait armé ce policier ? En remontant la chaine de commandement, qui est le principal donneur d’ordre ?

Bref, le Chef de l’Etat a manqué le courage d’assumer ses responsabilités. Ceci est un manquement grave non seulement à notre constitution, mais aussi à la Charte des Nations Unies pour les droits de l’Homme.

Selon ses déclarations, le Chef de l’Etat a fait sienne la Constitution de notre pays de la même manière qu’il avait fait siennes toutes les recommandations issues des Concertations nationales en 2013. Ce qu’il n’a pas pu dire c’est qu’il fait sienne la théorie du Professeur belge Antoine Van Bilsen afin de maintenir pour plusieurs années encore, le peuple congolais dans la soumission.

Cette porte de négociation, véritable appât que le Chef de l’Etat laisse ouverte pour se saisir de quiconque tenterait d’y entrer, personne n’en veut !

Faute d’avoir cherché à apaiser, le Chef de l’Etat a mis le feu sur de l’huile, et créé un show médiatique pour s’en prendre à l’Eglise catholique dont les bienfaits sont pourtant innombrables dans presque tous les domaines de la société congolaise.

Le Chef de l’Etat doit comprendre que la liberté qu’il refuse de restituer aux Congolais, ces derniers l’obtiendraient s’il le faut, par la lutte comme en 1960 et 1977, car tous sont revêtus de leurs tenues de guerrier sachant que la liberté s’arrache…

Seule l’histoire nous en dira plus, car on ne peut défier un peuple tous les temps…

Que Dieu Tout Puissant le Maitre des Esprit veille sur la République démocratique du Congo !

Fait à Kinshasa, le 27 janvier 2018

Me Michel OKONGO LOMENA

-       Candidat Président de la République,

PHOTOS OFFICIEL CANDIDAT

 

-       Président National de Unité des Valeurs.   

 

Informations, UNITÉ DES VALEURS